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sophie.dltb@gmail.com

Les dispositifs de contrôle, le travail, les compulsions, les procédés de fabrication sont autant de « mondes » que je tente de questionner à travers ma pratique. En m’appropriant le vocabulaire, les mécanismes et les modes opératoires d’Internet, je tente de mettre à jour mon rapport quotidien aux objets connectés.

La première étape consisterait à mettre en lumière ces règles qui m’entourent. Le but n’étant pas de simplement les pointer du doigt mais d’essayer de les transformer, de voir comment je pourrais jouer avec, les emmener ailleurs. Il y aurait dans mes projets, toujours une dimension proche de l’expérience ou en tout cas du test. Quand une chose devient une activité quotidienne, quand c’est tous les jours le même geste répété, il change de modalité.

Détourner, déplacer ou inverser les valeurs d’un produit ou d’un geste me permet une réappropriation des procédés de fabrication qu’il implique au départ. Si je parle d’appropriation ici, c’est d’abord en vue d’une amélioration, d’une extension ou d’une augmentation des modes de consommation qui m’entourent. Il ne s’agit pas d’inverser les valeurs, de casser les codes ou de les renverser, mais de les déporter au-delà d’eux-mêmes, dans des contextes d’usage inhabituels qui les forcent à varier leurs effets. 

Derrière nos écrans, les images vont tellement vite que l’on ne prend plus le temps de les regarder. Or l’accumulation des images et des langages présents sur internet me créent des émotions que je ne retrouve nulle par ailleurs. En tentant de sortir de leur confort numérique, les images, le langage et les codes propres de l’Internet, je tente de les confronter à un jugement complètement différent de celui auquel ils sont confrontés habituellement.